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Les barrières artificielles sont répandues et abondantes dans les rivières du monde entier, contribuant au déclin mondial de la biodiversité des eaux douces. Dans leurs dernières recherches, Jones et ses collègues visaient à évaluer les effets sélectifs potentiels des barrières sur les communautés de poissons afin de mieux informer la science du passage des poissons.

L’impact des grandes barrières est bien documenté pour les gros poissons comme le saumon : ils perturbent les mouvements bien connus entre l’habitat marin des adultes et les zones de frai/d’élevage de juvéniles en eau douce. Cependant, les poissons riverains doivent également remonter et descendre dans les rivières pour compléter diverses parties de leur cycle de vie, et les impacts des petites barrières sur ces espèces ne sont pas clairs.

Dans notre étude, nous avons créé un système de cascade expérimental pour tester les effets sélectifs potentiels de petites barrières sur une gamme de poissons riverains (goujon à bec, vairon, loche de pierre, barbotte et truite brune).

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Système expérimental en cascade utilisé pour tester les réponses des poissons aux barrières

Nous avons examiné le comportement de passage en amont et en aval dans le système de cascades, qui se composait de sept bassins séparés par de petites cascades (7,5 cm – oui, vraiment petites !). Nous avons également mesuré la taille, la forme, la capacité de nage, le métabolisme et le comportement (audace) des poissons pour identifier les facteurs influençant le succès du passage des barrières.

Bien que toutes les espèces aient tenté de remonter le courant, seules quelques truites fario y sont parvenues. Nos résultats ont montré que même de très petites barrières peuvent avoir des effets sélectifs sur les communautés de poissons en empêchant le passage en amont de poissons plus petits avec une capacité de nage inférieure.

Pour explorer cela plus avant, nous avons mis en place un modèle de simulation qui indiquait que la présence de plusieurs barrières entraînerait un mouvement net vers l’aval de toutes les espèces étudiées. Cela pourrait expliquer pourquoi les poissons sont souvent rares ou absents dans les cours d’eau en amont des barrières. De plus, les espèces benthiques telles que la loche pierreuse et la barbotte étaient plus enclines à se déplacer vers l’aval que les espèces pélagiques (goujon à bec et vairon européen), entraînant des changements dans la composition de la communauté.

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Un modèle de simulation a indiqué que les barrières de basse chute peuvent provoquer un mouvement net vers l’aval et provoquer des changements dans la composition de la communauté.

Nos résultats suggèrent des effets sélectifs au niveau de la population. La plupart des truites fario étaient relativement sédentaires tandis que certains individus montraient des déplacements fréquents et étendus en amont et en aval. Fait important, le mouvement de la truite brune a montré une répétabilité individuelle significative, indiquant que les différences de mouvement au sein de la cascade reflétaient la tendance comportementale innée des poissons individuels.

Les truites brunes plus grosses et plus audacieuses avaient tendance à se déplacer en amont tandis que celles dont la portée aérobie était plus faible se déplaçaient vers l’aval. Par conséquent, les barrières à faible hauteur de chute peuvent provoquer des effets sélectifs sur une gamme de traits morphologiques, physiologiques et comportementaux, potentiellement avec des conséquences inadaptées.

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Effets sur la communauté et la population des petites barrières sur les poissons riverains – la nécessité d’un changement de paradigme

Les mesures d’atténuation des barrières doivent tenir compte de la variation entre les espèces et au sein de celles-ci afin d’éviter une sélection artificielle par inadvertance sur les communautés de poissons. Des conceptions de passes à poissons incorporant des différences de hauteur minimales et de faibles vitesses d’écoulement sont nécessaires pour permettre le passage efficace des plus petits, poisson nageant plus faiblement.

Les options qui offrent des conditions d’écoulement diverses et variables dans l’espace, telles que les passes à poissons semblables à la nature, sont susceptibles d’offrir un meilleur passage à la communauté de poissons au sens large que d’autres options qui sont souvent conçues pour les nageurs forts.

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Une passe à poissons semblable à la nature utilisée pour faciliter le passage après l’enlèvement d’un déversoir (LHS) et l’enlèvement d’un petit seuil de lit pour améliorer la connectivité des populations de poissons (RHS). Photo : Agence pour l’environnement et Wild Trout Trust.

Nos résultats montrent qu’il est nécessaire que les efforts d’élimination des barrières se concentrent sur les barrières à faible chute ainsi que sur les plus grands barrages et déversoirs. Étant donné la forte abondance des ouvrages de basse chute dans les systèmes fluviaux, un changement de paradigme est nécessaire pour reconnaître les impacts plus subtils des petites barrières sur la biodiversité des eaux douces.

Lire l’intégralité du document Open Access Effets sélectifs des petites barrières sur les poissons riverains dans Journal d’écologie appliquée.


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